
Martin-Joseph Mengal
(Gand, le 27 janvier 1784 – Gand, le 4 juillet 1851)
Martin-Joseph Mengal, dit Mengal l‘aîné, – son frère cadet Jean-Baptiste était lui aussi corniste – reçoit ses premiers cours de musique de son père qui était cor solo à l’opéra de Gand. A l’âge de douze ans, il interprète des concertos pour piano en public et un an plus tard il joue dans l’orchestre de l’opéra de Gand. Là, il joue du cor, instrument auquel il va se consacrer par après. A cette même époque, il écrit ses premières compositions dans une écriture qui est presque instinctive étant donné ses connaissances d’harmonie limitées.
En 1804, le musicien part pour Paris, au Conservatoire impérial, où il étudie le cor avec Frédéric Duvernoy et l’harmonie et le contrepoint avec Charles-Simon Catel. En décembre de cette même année, Mengal,
ayant l’âge du service militaire, est incorporé dans la Garde impériale, qui comptait parmi ses rangs beaucoup d’étudiants de conservatoire. Ce corps d’élite le mène en Italie, en Autriche et en Prusse et fait qu’il est témoin de la bataille d’Austerlitz et de celle de Iéna. Quand la Garde fait escale dans des villes comme Milan, Munich, Berlin et Vienne, elle y passe par les centres de musique ce qui permet à Mengal d’élargir et d’approfondir ses connaissances musicales.
Entre les différentes missions, Martin-Joseph Mengal rentre à Paris où il essaie tant bien tant mal de poursuivre ses études. Il est démobilisé en 1807 et deux ans plus tard il obtient le premier prix de cor. Il est alors engagé comme ‘premier cor’ par le Théâtre Odéon. Puis, en 1812, c’est l’_Opéra Comique_ (alors dans la Salle Feydeau) qui l’engage. Entre-temps, il étudie la composition avec Antoine Reicha. L’influence
de ce dernier sur son élève est déjà manifeste dans ‘l‘opéra-comique’ de Mengal Une nuit au château, une comédie d’intrigue en un acte qui passe en première le 5 août 1818 au Théâtre Feydeau. Plus tard, il écrit encore L’Ile de Babilary (1819) et Les infidèles (1823).
A cette époque, Mengal compose aussi beaucoup de musique pour harmonie pour des corps militaires. Il écrit également des symphonies concertantes pour instruments à vent, de la musique de chambre et des romances. Sa romance Le chevalier errant a même été en vogue dans toute l’Europe pendant quelques temps. Mais avant tout, il compose de la musique pour son propre instrument en variant dans les combinaisons. Chez divers éditeurs parisiens sont entre autres publiés deux concertos pour cor, des duos pour cor et harpe, des duos et des fantaisies pour cor et piano et
des quatuors pour bois. Ses trois quatuors pour flûte, clarinette, cor et basson op. 19 ont été édités par Bochsa à Paris en 1816.
En 1824, Mengal quitte Paris et rentre à Gand faute d’ opportunités pour travailler comme compositeur d’opéra dans la capitale française. En 1825, il succède à Charles-Louis Hanssens – lui aussi dit l’aîné – comme directeur / chef d’orchestre de l’opéra de Gand où il monte une version retravaillée des Infidèles et où il crée son quatrième opéra, à savoir, Le vampire. La saison suivante toutefois, il se retire en tant que directeur tout en gardant son poste de chef d’orchestre.
Après la fermeture de l’opéra de Gand suite à la révolution belge de 1830, il dirige pendant quelques temps le Théâtre français à Anvers. En 1833, il est engagé par le Théâtre Royal de la Haye où il crée en 1834 son opéra Le retour au foyer.